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Hoodoos vers Gallup et Pinedale, Window Rock Navajo Tribal Park et Venus Needle

Mercredi 15 juin 2016 :

Nos quatre premières journées ont été consacrées à la visite de parcs gérés par l'administration des parcs nationaux, une excellente administration. Ces visites étaient passionnantes, mais il est temps maintenant de sortir des sentiers battus et de s'offrir quelques virées dans des zones beaucoup moins connues, parfois même quasiment inconnues.

Notre matinée sera dédiée aux hoodoos, avec deux sites très différents l'un de l'autre. Le premier, situé pas très loin de Gallup, expose une superbe collection de hoodoos blancs à chapeau jaune. On y accède par quelques kilomètres de pistes qui nécessitent un SUV et doivent rapidement devenir infranchissables par temps de pluie. La randonnée qui conduit aux hoodoos est courte mais nécessite l'ascension d'une colline d'une cinquantaine de mètres de hauteur. Quand on arrive au sommet de cette colline on découvre un superbe site de hoodoos, situé au pied d'une falaise blanche.






Quelques dizaines de hoodoos de toutes tailles sont réunis là, sur une zone d’une centaine de mètres de longueur et de quelques dizaines de mètres de largeur.







Les plus grands de ces hoodoos atteignent une dizaine de mètres, peut-être même un peu plus.



Certains sont beaucoup plus massifs. Ils ne manquent pourtant pas de charme.




Inutile d’aller au-delà du relief qui ferme le petit secteur où sont groupés les hoodoos, on n’en trouve pas un seul autre et les paysages sont sans grand intérêt.

Ce site n'est que très rarement visité car totalement méconnu (merci à un site allemand d'en avoir révélé sa localisation). Inutile de dire que nous ne croiserons personne. Si on apprécie les hoodoos, il mérite pourtant largement un détour. Notre journée commence bien !

Notre second site à Hoodoos est situé à environ 25 kilomètres de Gallup (à vol d’oiseau), en direction de l’est. Lui non plus n'est pas très connu. Il semble tout de même un peu plus visité que celui de notre première randonnée car on y trouve pas mal d'empreintes de pas. Il est sans doute moins confidentiel car il est visible depuis la piste qui permet d'y accéder (2nd Canyon road). Encore faut-il passer dans le secteur pour le découvrir ! Car il n’y a en effet pas vraiment de raisons d’emprunter cette piste si on ne connait pas l’existence de ces hoodoos. Le long de cette piste on trouve plusieurs sites similaires qui accueillent des hoodoos. Nous décidons d'aller explorer le dernier de ces sites quand on arrive par le côté ouest. C'est le plus grand et celui qui est réputé être le plus intéressant. La marche d'approche est très courte, quelques centaines de mètres seulement, et nous conduit directement au pied de la falaise qui abrite les hoodoos.



Nous décidons de longer par le bas la falaise pour nous rendre à l’extrémité est du secteur intéressant (environ 200 mètres de long), puis de tenter d’accéder au cœur des hoodoos afin de traverser le massif sur toute sa longueur en direction de l’ouest. Les pentes sont importantes et certains passages nécessitent même un peu d’ « escalade ». L’accès aux hoodoos n’est pas donc simple mais nous sommes récompensés par une belle vue et quelques spécimens assez intéressants.



Par contre, difficile de suivre notre plan initial (traversée de la zone des hoodoos par l’intérieur) sans prendre quelques risques que nous n’avons pas envie de courir. Nous revenons donc à notre point de départ d’où il est très facile d’atteindre le cœur de la zone intéressante et commençons notre exploration. Ici, c'est le paradis des hoodoos roses. Ils doivent se sentir bien car leur concentration est extrêmement dense dans ce secteur.





Se promener au cœur des hoodoos est un peu fatigant (incessantes montées et descentes, voire même un peu d'escalade par endroit) mais permet de bénéficier des meilleurs points de vue …





… et d’approcher de près des hoodoos de belle taille.






Sur le chemin du retour nous trouvons quelques cactus avec de jolies fleurs rouges. Par endroit le sol est quasiment couvert sur quelques mètres carrés de ces cactus. Pour le moment il n’y a que quelques fleurs, mais on devine que dans une ou deux semaine(s) cela va être splendide !


Après cette double séquence hoodoos et avant de quitter les environs de Gallup nous retournons à Window Rock. Puisque hier, en seconde partie d’après-midi, l’arche était partiellement dans l’ombre, il nous semble qu’elle devrait être dans la lumière en ce milieu de journée. Encore perdu ! Elle est encore partiellement dans l’ombre, mais de l’autre côté. Si quelqu’un sait quand il faut venir pour la voir entièrement dans le soleil, nous sommes preneurs …


Sur la route de notre destination suivante, au détour d'un virage, nous sommes surpris par la vision d’une multitude de drapeaux américains. Il s’agit d’un cimetière de vétérans. Impressionnant ! Ici, le mot patrie a encore un sens ...



Dans ce cimetière nous découvrons un drapeau noir qui nous est inconnu. Il porte l’inscription « POW MIA - You are not forgotten ». Après une petite recherche sur internet, nous trouvons la signification de POW (Prisoners Of War) et de MIA (Missing In Action). Il s’agit donc d’un drapeau qui rend hommage aux prisonniers de guerre et aux morts au combat.


Autre petit arrêt à Venus Needle (l'aiguille de Venus), une majestueuse tour de grès qui s'élève au milieu de nulle part. A votre avis qu'elle est la hauteur de cette aiguille surdimensionnée ?



à suivre …

Parc de El Malpais et Window Rock Navajo Tribal Park

Mardi 14 juin :

Besoin de changements aujourd'hui. Après un début de séjour très « sable », avec les parcs de Great Sand Dunes et de White Sands, nous optons pour de la roche dure. Après n'avoir vu quasiment que du blanc ces dernières 24 heures à White Sands, nous choisissons le noir. Après avoir rôti au soleil à longueur de journée, nous espérons pouvoir trouver un peu de fraicheur sous terre. Direction le parc de El Malpais qui protège une immense étendue (35 km de longueur pour 25 km de largeur) recouverte par de multiples coulées de lave.

Notre premier contact avec le parc se fait au travers d'une balade sur la plus jeune des coulées de lave de la région (3 000 ans tout de même). Pas très long et bien tracé, le sentier que nous suivons grâce à de nombreux cairns (Lava Falls trail), nous permet de découvrir des paysages volcaniques assez variés.








Un sentier passionnant à suivre qui constitue vraiment une excellente façon de commencer à découvrir ce parc et ses paysages inhabituels. Avec la lumière de ce début de matinée, c’est splendide. Nous avons adoré !


Avant d'attaquer la randonnée qui nous occupera pendant quelques heures, nous avons un passage obligé par la case « visitor center ». Nous devons en effet démontrer nos capacités dans un domaine bien précis à un ranger afin qu'il nous délivre un permis qui nous donnera l’autorisation de nous livrer à une activité inédite pour nous. Bien que nous soyons de parfaits novices (nous avons omis de le dire !), la gentille ranger qui officie aujourd'hui nous remet sans problème le précieux sésame après avoir vérifié nos compétences et après nous avoir récité une liste de recommandations longue comme le bras.

Maintenant que les formalités sont remplies, nous pouvons attaquer notre randonnée dans la zone de Big Tubes, une coulée de lave beaucoup plus ancienne que celle que nous avons arpentée ce matin.





L'intérêt principal de ce secteur, en dehors de ses paysages volcaniques bien sûr, ce sont des tubes de laves aux dimensions impressionnantes.

Mais un tube de lave, c’est quoi ?

Un tube ou tunnel de lave est formé par une coulée volcanique qui s'est refroidie en surface en formant une croûte solide mais dont le cœur est resté fluide, permettant à la lave de continuer à s'écouler. Lorsque la coulée cesse d'être alimentée par la lave en fusion, elle se vide et laisse une cavité en forme de galerie.

Lorsque le plafond de ces tubes de lave s'effondre, d'immenses chenaux se dessinent dans la coulée.




Les zones les plus intéressantes sont celles où subsistent côte à côte, une partie effondrée et une partie intacte. On observe alors d’impressionnants ponts au-dessus des chenaux de lave.






Par endroits, on trouve juste une ouverture qui descend on ne sait où …



Nous terminons notre randonnée dans le secteur des Big Tubes par le clou du spectacle. Ce pour quoi un permis est obligatoire, une petite séance de « caving », autrement dit, l'exploration d'une grotte : Big Skylight cave. Il ne s'agit pas à proprement parler d'une grotte, mais d'une section intacte de 250 mètres de long d'un énorme tube de lave. La descente dans le tube de lave est assez acrobatique mais sans véritable problème. Dès l'entrée on est saisi par le spectacle. Le tube de lave possède des dimensions impressionnantes. C'est grandiose !



Notre avancée dans le tube de lave se fait sans trop de difficultés même si la progression est très lente. Il faut sans cesse contourner ou escalader d’énormes blocs rocheux. Très fun comme expérience. Et la fraicheur, quel bonheur !



A l'intérieur on se sent minuscule et on se croirait dans un tunnel de métro taille XXL. Vraiment impressionnant !

Nous comprenons vite d’où vient le nom de cette "grotte". Elle possède une particularité très intéressante. Une cinquantaine de mètres après l’entrée, son plafond est percé d’une énorme ouverture circulaire qui apporte un éclairage naturel permettant de savourer la découverte du début de ce boyau avec une lumière très correcte. Heureusement, car ce ne sont pas nos petites lampes torches qui nous seront d’une grande utilité ici. Il faut dire que notre équipement est très light et n’a pas grand-chose à voir avec celui qui est recommandé par les rangers (casque, gants, combinaison à manches longues, éclairage spécifique, …).




Les parois de Big Skylight cave portent encore les traces des flots de lave qui y ont circulé.



Une petite centaine de mètres après avoir passé l’ouverture dans le plafond, la lumière naturelle disparait complètement et nous nous rendons vite compte de l’inefficacité totale de nos lampes. Il est temps de faire demi-tour.



Il y a d’autres tubes de lave qui sont ouverts à l’exploration dans le parc de El Malpais, à condition d’avoir un permis ! Mais contrairement à Big Skylight cave, ils ne possèdent pas de puits de lumière. Inutile donc de nous y rendre.

L’exploration de Big Skylight cave conclut donc notre virée dans le parc de El Malpais, un parc rarement visité par les aficionados de l'ouest américain. Il nous a pourtant vraiment intéressés. On y trouve des paysages inhabituels et des curiosités géologiques qui méritent largement le détour.

Cerise sur le gâteau, lors de notre visite de nombreux cactus étaient en fleur. Une écrasante majorité de jaune ...







... et un peu de rouge.



Pour finir notre journée nous décidons de nous rendre à la limite du Nouveau-Mexique et de l’Arizona, à Window Rock, la capitale de la nation Navajo. Si nous sommes venus à Window Rock (la ville), c'est pour voir Window Rock (l’arche). C’est une superbe arche, mais lorsque nous arrivons il est un peu tard. Elle est déjà partiellement envahie par l'ombre.



Dans l’agréable petit parc qui a été créé au pied de Window Rock, on trouve un monument qui rend hommage aux légendaires Navajo Code Talkers.


Un peu d’histoire …

Durant la seconde guerre mondiale, les Japonais se sont montrés très performants pour casser les codes utilisés par l’armée américaine pour les transmissions sur le théâtre du Pacifique sud. Très vite, la question de trouver une méthode sûre qui résisterait à la sagacité des déchiffreurs ennemis fut posée. Des Marines Navajos furent recrutés afin de concevoir un code secret basé sur leur langue. Le code ainsi créé était si performant qu’il ne fut jamais déchiffré par l’ennemi et que, d’après le commandement américain, il permit non seulement de sauver un nombre incalculable de vies parmi les forces armées mais aussi d’ouvrir la voie à la victoire alliée dans le Pacifique sud. A la fin de la guerre, plus de 400 Navajos avaient servi comme Code Talkers dans l’armée américaine. Cette histoire resta sous le sceau du secret pendant des décennies dans l’éventualité où les talents uniques des Code Talkers Navajos redeviennent un jour nécessaires. Ce n’est qu’en 1968 que ces faits furent déclassifiés et que l’action des Navajos put enfin être reconnue au grand jour. En 2001, George W. Bush décerna aux Code Talkers la médaille d’or du Congrès américain, la plus haute distinction civile existante.

Comme le résume bien la plaque commémorative qui accompagne le monument de Window Rock, « Dine' Bizaad Yee Atah Naayee' Yik'eh Deesdlii » (la langue Navajo a aidé les forces armées à vaincre l'ennemi).

Nous passons la nuit dans les environs de Gallup et dinons au Badlands Grill : nourriture excellente, accueil parfait et rapport qualité prix correct. Que demander de plus !